Fr. Salade fusion
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(tic… tic… tic…)
Eh… commen;ons.
Salade. Aujourd’hui. Maintenant.
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La tomate
Oh, Tomato-bombe !
La tomate — bom-bono-bon…
Je suis rouge.
Je suis l’explosion.
On me coupe — je pleure.
Pas de douleur.
De v;rit;.
Le sel et l’huile — mes sentences.
Bom-bono…
C’est la voix — l’;tre, bom-bono-eh-eh…
On me tranche en rondelles.
Et personne ne demande
si je veux ;tre mang;. Bom.
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Le poivron
Waouh, peperone-boy !
Je suis le phare jaune.
On me coupe en carr;s
pour prendre ma lumi;re.
Je suis amer ; la fin
pour que l’on se souvienne du sucre.
Ma note — la. Pas mi-si, mais la-la !
Comme une musique
qui ne finit jamais.
Juste… s’;teint. La-la ! Yellow submarine, d;n-d;n…
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La feta
Feta-ata !
Marbre blanc.
Sel plus vieux que Rome.
Gras — comme la fatigue du jour.
Je m’effrite, je fonds, je m’en vais. Chut…
Je suis la base, m;me si je suis le fond.
Mais sans fond — pas de forme.
Ma tonalit; — sol-b;mol.
C’est la note de l’automne.
Quand tout a m;ri
pour mourir en toi.
Avec audace.
; l’int;rieur, et pour de bon.
P;ch; que de manger la feta-ata au lieu de la pomme d’;ve ? Ah-ah ?!
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L’oignon
L’oignon — comment tu le trouves aujourd’hui ? Le miroir pleure !
Cipolla. Rouge. Mordre.
Les dames pleurent — j’entre. Je vous fais verser des larmes.
Ce n’est pas la douleur.
C’est l’;veil.
; l’int;rieur — du miel. Et un chant br;lant.
Comme ceux qui pleurent la nuit et le matin.
Entr;e tranchante, fin sucr;e.
Je suis ta larme dans l’assiette.
Ne m’efface pas. Souviens-toi. Chaque larme. L’eau qui gu;rit…
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L’olive
Oliva nera — elle ;tait verde, elle est devenue negra.
Salade… c’est la vie…
Je suis partie verte.
Longue route. Des montagnes.
Trois rivi;res.
Je suis arriv;e en retard ; table. Devenue noire comme le charbon.
Ce n’est pas la couleur.
C’est l’;ge.
Am;re. Sage.
Je suis le trombone dans la nuit.
;cre, huileuse, sombre.
Je suis venue en derni;re,
parce que la fin
vient toujours apr;s… ou avant qu’on ne l’attende.
Du coup, tant que tu chantes — chante… Et chante mon charbon.
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Le concombre
(long silence)
Cetriolo… tu ne devrais pas aller l;…
Concombre… Croque-malice.
Je suis l; aussi…
Mais je suis l’eau.
Craquant. Froid.
On ne me voit jamais.
Je suis la base qu’on ignore.
Je me plains, parce que ma douleur
n’a pas de son.
Mais sans moi — le vide.
La voix la plus forte —
c’est celle qu’on n’;coute pas. Parce qu’on respire trop fort.
Je suis la basse.
Je suis le fond.
Je suis la rivi;re o; tous se noient,
mais personne ne pleure.
Concombre… je suis l; aussi…
Tant que je suis — vous ;tes.
Quand je ne serai plus —
vous comprendrez. Certains oublieront. Qui ?…
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La laitue
Laitue, ma fid;le amie.
Je suis la verdure.
La maison pour tous les autres.
L’assiette sans moi — un monde sans terre.
Je suis le la-mineur-sept.
La derni;re note,
qui ne sonne pas, mais qui soutient.
Je suis le murmure o; se cache l’orchestre.
Pendant que le chef mange en coulisses…
On ne me m;che pas.
On me ressent.
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Refrain
Rouge, jaune, blanc, noir !
Tout r;sonne en jazz mineur !
Bom-bono-bono-dans-la-nuit !
Le groove balance — on ne peut plus fuir !
Tous ensemble — une seule saveur.
Tous ensemble — une seule voix.
Bom-bono-et-voil; !
La salade — ce n’est pas de la nourriture.
Dans la salade — tout le monde est roi.
Et le brut, o; sont les bulles dans l’or du verre ?
On les apporte, voil; ce qui manquait !
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Le chef
(parl;, voix grave)
La salade — c’est le corps !
Moi — je suis sa structure !
Concombre, toi — tu es l’eau,
mais tu n’es pas le fleuve.
Tu n’es que le fond. Le fond. Le g;missement.
La tomate — c’est le c;ur,
mais sans la coupe — pas de vie. La vie — dans tes entailles…
La feta — l’;me,
mais l’;me sans corps — n’est rien.
Voler haut — ne pas avoir o; revenir. Voil;.
L’olive — l’ombre,
mais sans lumi;re, on ne la voit pas. Le brut — c’est la lumi;re. Des victoires pass;es… Dans l’ombre, des feux, vous n’;tes pas seuls.
L’oignon — la larme,
mais qui pleure — est faible. Ou sage. Ou saint. Alors !
Prenez l’accord ! Tous ensemble !
Et taisez-vous !
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Refrain final
Rouge, jaune, blanc, noir !
La salade — notre jazz mineur !
Bom-bono-et-voil; !
Nous — une seule famille !
Et le concombre — il est avec nous !
L’eau — dans nos voix !
Tous ensemble — l’accord !
Salade ! Bravo ! Bom-bono ! Oui !
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Final
Salade… c’est la vie…
L’olive ferma les yeux.
La tomate sourit.
Le concombre… le concombre… murmura doucement :
« Je suis ici… je suis l;… je suis avec vous… »
(tout bas)
Je suis l;…
Je suis.
Je.
Croque.
(un coup de cymbale.)
(silence.)
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FIN
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