Alexandre Kouchner, A choisir le temps. 1978

Александр Кушнер, Времена не выбирают, 1978.

Времена не выбирают,
В них живут и умирают.
Большей пошлости на свете
Нет, чем клянчить и пенять.
Будто можно те на эти,
Как на рынке, поменять.

Что ни век, то век железный.
Но дымится сад чудесный,
Блещет тучка; я в пять лет
Должен был от скарлатины
Умереть, живи в невинный
Век, в котором горя нет.

Ты себя в счастливцы прочишь,
А при Грозном жить не хочешь?
Не мечтаешь о чуме
Флорентийской и проказе?
Хочешь ехать в первом классе,
А не в трюме, в полутьме?

Что ни век, то век железный.
Но дымится сад чудесный,
Блещет тучка; обниму
Век мой, рок мой на прощанье.
Время — это испытанье.
Не завидуй никому.

Крепко тесное объятье.
Время — кожа, а не платье.
Глубока его печать.
Словно с пальцев отпечатки,
С нас — его черты и складки,
Приглядевшись, можно взять.

(Первый перевод)
A choisir le temps, les heures,
On y vit et on y meurt.
Que banalite tu trouves
En plaignant ou suppliant,
Meme pourrais-tu bien changer
Ton jour a l’autre au marche.

Un siecle vient apres celui de fer,
En montant jardin en pleine lumiere,
Un nuage de Paradis; moi, cinq ans jadis,
Aurais pu creuver de fievre
Mais grace a Dieu je survivrai;
La pleine vie j’y savourai.

Tu vois le temps miraculeux,
Evitant un echauffage affreux
Medieval, la peste de Florence
Ou l’epidemie en transe?
Reve partir en classe de luxe
Ou mourir en cave, aux crepuscules russes?

Un siecle vient apres celui de fer,
En montant jardin en pleine lumiere,
Un nuage de Paradis, l’embrasse,
Ma vie, ma destinee menace
Jour ou la nuit me donne -
N’y envie personne et n’y soupconne.

La fortresse d’amour,
La peau et non la robe m’agace,
N’ y sens l’heure – frolement des pouces.
Comme le vent ses traces si douces,
Grimacant nos plis genants
C’est le temps qui nous y prend.


(Второй перевод)
Les temps ne choisissent pas...

Les temps ne choisissent pas, ni l’heure
C’est la voie et qu’on y vive et meure,
Ce soit trop vulgaire et banale
En plaignant les prier au final
Comme si l’on pouvait au marche
Les echanger sans pitie et sans frais.

Quelque soit le siecle ou celui de fer
J’y vois jardin de Paradis
Tout aux cieux et comme jadis;
C’est moi, l’enfant de ses cinq ans
De la fievre y mourrant mais survivant
Ce temps-ci tout innocent en savourant.

Te vois le bienveillant,
Les tortures medievales en evitant?
Et la Peste de Florence ou la Rage?
Aimerais partir en classe de luxe
Ou creuver tout seul en cave,
Sans lumiere, en esclave?

Quelque soit le siecle ou celui de fer
J’y vois jardin miraculeux et
Tout aux cieux ; on s’embrassera
Avec mon siecle, ma voie en remerciant.
Le temps – un dure examen,
Crois-lui, personne n’y enviant.

La fortresse d’amour t’embrasse,
L’heure – la peau, et non la robe de grace,
Ne pouvant guere s’en passer
Comme des traces de doigts,
Tout librement ses grimaces et plies
En t’approchant, reprends.


Рецензии