Doute

Le reflet fugitif de tes yeux
L’a hante' dans les limbes arabesques,
Jusqu’au jour ou, malgre' les adieux,
Elle brisa sa petite cage grotesque.

Sous vos pieds, dans l’abime indigo,
L’edelweiss vermillon a fleuri,
Mais aveugle, tu n’es plus son heros,
Toi dont la joie d’aimer est tarie.

Si a l’aube tout deviendrait poussiere,
Si vos coeurs ont perdu leur eclat,
Que la pitie' soit votre sombre lumiere
Et que les larmes etouffent le debat.

Elle t’avait pardonne' l’inconscience,
Le crime feroce d’etre indifferent,
Elle amena dans ton monde un sens,
Et ta reponse fut celle d’un tyran.

Les paroles, la confiance – oubliees,
Drainees dans le desert de tes yeux.
Un seul mot pour passer a jamais,
Faire choir l’etoile au bas des grands cieux.

Et pendant que le triste cygne des sables
Achevait au loin son plaintif chant,
Elle se retrouva sous un erable,
Si seule, mourante, ton nom murmurant.

Ce fut ton faux-pas sur la ligne droite,
Et tu vis comme avec amertume
Ses longs cheveux d’un blond ecarlate
S’eteignaient sous la chaleur de la lune.


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