Мишо

Валерий Карев: литературный дневник

Un chiffon


J'ai rarement rencontre dans ma vie des gens qui avaient besoin comme moi d'etre regonfles a chaque instant.


On ne m'invite plus dans le monde.
Apres une heure ou deux (ou je temoigne d'une tenue au moins egale a la moyenne), voila que je me chiffonne.
Je m'affaisse, je n'y suis presque plus, mon veston s'aplatit sur mon pantalon aplati.


Alors, les personnes presentes s'occupent a des jeux de societe.
On va vite chercher le necessaire.
L'un me traverse de sa lance, ou bien il use d'un sabre. (On trouve helas! des panoplies dans tous les appartements.)
L'autre m'ass;ne joyeusement de gros coups de massue avec une bouteille de vin de
Moselle, ou avec un de ces gros doubles litres de chianti, comme il y en a; une personne charmante me donne de vifs coups de ses hauts talons; son rire est flute, on la suit avec interet et sa robe va et vient, legere.
Tout le monde est plein d'entrain.


Cependant, je me suis regonfle.
Je me brosse vite les habits de la main, et je m'en vais mecontent.
Et tous de pouffer de rire derriere la porte.


Des gens comme moi, ca doit vivre en ermite, c'est preferable.



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